Morges accepte le centre aquatique (24 heures + La Côte)

Morges accepte le centre aquatique et pose ses conditions

24 Heures | Emmanuel Borloz |06.09.2013 | Article en ligne

Le Conseil communal de Morges se prononce en faveur du centre aquatique régional.

Au terme d’une séance très animée durant laquelle toutes les passions se sont déchaînées, le Conseil communal de Morges a accepté, mercredi soir, de poursuivre le projet de centre aquatique régional. Mais, sous l’impulsion de la droite – PLR en tête – l’organe délibérant a assorti ce feu vert d’une condition de taille: que le projet soit accepté par des communes du district de Morges représentant au total au moins 70% de l’ensemble de la population du district (75 600 personnes). But avoué: pouvoir compter sur une base solide pour mener le projet à bien.

Mercredi soir, à Beausobre, l’ambiance était électrique. Dans un brouhaha général où la confusion a regné durant près d’une demi-heure, le président du Conseil, Stéphane Dewarrat (Entente Morgienne), pour sa première séance au perchoir, s’est retrouvé quelque peu dépassé par la situation. Pas moins de deux suspensions de séances auront été nécessaires à faire revenir le calme. Et à accoucher d’une décision.

Avec le «oui» morgien, ce sont ainsi désormais quelque vingt communes, représentant environ 55% de la population du district, qui acceptent la création de la société anonyme chargée de lancer et d’encadrer le projet, précise Vincent Jacques, syndic de Morges (PS). Les regards sont désormais braqués vers les communes de Saint-Prex, de Préverenges, de Cossonay et de Lonay, dont la taille pourrait faire pencher la balance. Leurs conseils se prononceront prochainement. (24 heures)

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La piscine évite le naufrage de justesse

Au terme d’un débat ubuesque, le délibérant accepte la création de la société anonyme qui assurera le démarrage et la gestion du projet de Centre aquatique régional. Coût: 675 000 francs.

La Côte | 6.09.2013 | martine.rochat@lacote.ch

Certains n’en donnaient pas cher. Au concours de pronostics, ses chances de succès équivalaient à celles de Roger Federer de s’aligner en finale lors de l’US Open… Autant dire néant. Certains avaient choisi leur tenue de deuil pour les obsèques d’une piscine couverte régionale, considérée mort-née, refusée déjà par toute une série de communes. Pourtant, tel l’enfant Moïse dans les eaux du Nil, le Centre aquatique de Morges a réussi à surnager, survivant à une baignade de tous les dangers. Principal objet à l’ordre du jour, mercredi, du Conseil communal, la création d’une société anonyme, chargée de piloter un projet encore en phase de démarrage, assortie d’un montant de 675 000 francs, représentant la contribution financière de la Ville à ce stade, a, en effet, reçu l’accord des élus, du bout des lèvres.

Propre à soulager la Municipatité (lire la réaction du syndic Vincent Jaques ci-contre) ce résultat a été acquis au terme d’un débat de plus de deux heures et demie. En cause: une clause de la commission ad hoc, reliant l’entrée en force des décisions de l’assemblée à la condition d’une acceptation du projet par les communes, représentant au moins 80% des habitants du district, arrêtée au 31 décembre 2012. Président de la commission, Jean-Hugues Busslinger (PLR) a motivé ce chiffre, rabaissé, par ailleurs, à 70%, par le biais d’un amendement Dominique-Anne Kirchhoffer (PLR) après une suspension de dix minutes.  » A partir de quand admet-on qu’on est dans un projet régional? » , s’interroge le rapporteur.  » En fixant ce taux de 80%, nous avons voulu faire en sorte que le projet reçoive le soutien des quatre-cinquièmes de la population.  » Et d’ajouter que la variante proposée était inférieure aux 90% suggérés dans un document de travail de l’ARCAM.  » A moins de 80%, l’aspect régional est moins évident, ce qui implique un redimensionnement. Au-dessous de ces proportions, on ne parle plus de réalisation régionale, mais morgo-morgienne.  »

« Un climat de chienlit! »

De son côté, la gauche s’est opposée aux exigences de la commission. Pour Bastien Monet (SPI), « l’esprit régional ne se traduit pas par un chiffre. Morges a le moyen aujourd’hui de jouer son rôle de chef-lieu de district, de montrer son enthousiasme . » Jean-Hugues Busslinger est d’accord sur ce point, avec des nuances:  » Morges est prête à monter dans le bateau. Mais elle ne veut pas partir seule et passer la sébille après, comme pour la patinoire . » De manière générale, la soirée s’est déroulée dans l’indiscipline et le chahut. Jean-Hugues Busslinger s’opposant à une demande de second débat immédiat de Pascal Gemperli (SPI) a parlé, à ce titre, de  » climat de chienlit.  » Obtenu, le deuxième vote n’a pas remis en question le verdict du premier. D’abord désavouée par 40 oui, contre 7 non et 10 abstentions, la gauche n’a pas réussi, dans un second temps, à revenir la marque, avec ses 35 voix, face aux 39 de la droite, qui l’emporte de justesse. A l’issue du scrutin, ses élus, « sonnés » sur leurs sièges, accusent le coup. « On ne sait même pas sur quoi on votait. » , déplorent certains.

Epuisé, comme la plupart des conseillers, à la différence de l’ordre du jour, dont les derniers points, moins urgents, sont renvoyés à une date ultérieure, le président Stéphane Dewarrat lève officiellement la séance. Minuit et trois minutes. La nuit sera courte…

« MORGES A ENVOYE UN SIGNAL CLAIR A LA REGION! »

Commentant le résultat, le syndic Vincent Jaques est satisfait.  » Nous envoyons un signal clair à la région. Si le Conseil avait dit non, c’était la fin de tout. Une étape importante a été franchie, mais le travail n’est pas terminé. Il faut convaincre les communes, qui ne l’ont pas encore fait, dont Préverenges et Saint-Prex, de nous rejoindre.  » Preuve de l’intérêt du district, Vincent Jaques a reçu, sur son portable, des SMS de syndics demandant à être informés, auxquels il a répondu . « J’envoyais encore des mails à une heure et demi du matin et j’étais au boulot à 7 heures.  » Pour lui aussi les heures de repos ont été rares…

PIERRE-MARC BURNAND A JOUE LES MAITRES-NAGEURS

Cette soirée de rentrée a aussi fait figure de baptême aquatique pour Stéphane Dewarrat (EM), qui présidait pour la première fois le délibérant. L’occasion, pour lui, de patauger, sans bouée, entre amendements et sous-amendements. Problème d’organisation: lequel voter en premier? Ancien occupant du perchoir, à l’aise dans le réglement du Conseil comme un poisson dans l’eau, le PLR Pierre-Marc Burnand n’a pas hésité à jouer les maîtres-nageurs, dans le style « Alerte à Malibu. « … Il suffisait d’en déposer un de plus, éliminant le point litigieux. La majorité dégagée a remis ensuite au centre la formulation Kirchhoffer, qui l’a emporté en dernier lieu.