Le Centre aquatique cherche un partenaire privé

C’est l’un des projets les plus ambitieux de la région. Accepté par trente-quatre Communes du district de Morges (qui en compte 62) il y a deux ans, le projet de centre aquatique, avec spa, sauna et espace bien-être, prévu dans le chef-lieu entre dans une phase cruciale: la recherche du partenaire-exploitant privé. Ce dernier réglera au moins le tiers de la facture du futur temple de la baignade, prévu pour fin 2018 et devisé à 45 millions. Morges payera le deuxième tiers, le solde sera assuré par les Communes membres.

Pour lancer la phase opérationnelle, le conseil d’administration vient de nommer un directeur de projet. Ensemble, ils ont élaboré le calendrier des prochaines étapes et, surtout, fixé les modalités du concours pour dénicher le fameux «privé». Tour d’horizon des points clés du dossier.

Le directeur du projet
Fin décembre, le conseil d’administration a annoncé avoir confié la direction du projet à Stéphane Buthey, fondateur de l’entreprise Ethic Services, basée à Berne. Spécialisée dans la direction d’importants projets interdisciplinaires, l’entreprise a notamment chapeauté la construction du réseau de fibres optiques pour la Ville de Berne et gère des mandats de direction touristique. «Depuis août dernier, je m’occupe surtout du futur centre aquatique», précise Stéphane Butey, qui a passé ces derniers mois à rédiger le cahier des charges en vue du concours.

Le concours et le partenaire privé
Lancé dans quelques mois, le concours désignera le partenaire privé au terme d’une procédure sélective en trois tours ( voir infographie). Le premier d’entre eux, dit «de pré-qualification», ne sera assorti d’aucun classement mais ne retiendra que les dossiers solides. «Dès le 2e tour, l’évaluation se fait autant sur la base des projets d’architecture que sur la base de l’offre économique, explique le directeur du projet, qui esquisse le profil auquel devra correspondre la perle rare. Il ne s’agit pas de trouver le meilleur architecte, car nous recherchons un équilibre entre plusieurs aptitudes.» Le partenaire devra ainsi être compétent en matière d’architecture, de construction, d’exploitation ou encore de financement. «Ce sera au privé de trouver l’équilibre entre nos attentes et ses besoins», ajoute de son côté Vincent Jaques, syndic de Morges et président du Centre aquatique.

Si la recherche n’a pas encore officiellement débuté, plusieurs candidats se sont déjà manifestés. «Nous avons reçu des offres, de France notamment.»

Côté agenda, les porteurs du projet estiment qu’il se passera un an entre l’appel aux candidatures et l’annonce du lauréat. A noter encore que, loi sur les marchés publics oblige, le gagnant du concours ne sera pas désigné par le conseil d’administration mais par un jury d’experts composé de sept ou huit personnes. Le conseil d’administration ainsi que la Ville de Morges y seront néanmoins représentés.

Un site toujours pas légalisé
C’est l’un des derniers points à régler avant de lancer officiellement le concours, mais il est d’importance. A Morges, le site prévu pour accueillir le complexe, au parc des Sports, n’est toujours pas légalisé. En cause, le plan partiel d’affectation (PPA) parc des Sports, qui n’a toujours pas été validé par le Canton. Depuis un an, le document fait des allers-retours entre la Commune et l’Etat, qui a obligé la Municipalité de Morges à revoir sa copie plusieurs fois.

«Entre les contraintes liées au parking, à la mobilité ou encore à l’accessibilité, c’est le PPA le plus complexe de la Commune», détaille Vincent Jaques, qui espère voir revenir le document prochainement. Le PPA sera ensuite soumis à l’enquête publique, puis au vote du Conseil communal.

Le rôle des communes
Projet éminemment fédérateur, le Centre aquatique a déjà convaincu plus de trente Communes du district et pourrait même en convaincre de nouvelles. «Le projet a également séduit de petites localités», se réjouit Anne-Christine Ganshof, syndique de Vufflens-le-Château (800 âmes) et membre du conseil d’administration, qui rêve de voir celles qui avaient passé leur tour pour ce premier round rejoindre le mouvement. «L’idée est de proposer un projet commun, qui plaise au plus grand nombre.» Texte gras Stéphane Buthey, mandaté pour piloter le projet, avec les syndics et membres du conseil d’administration du centre

source : 24heures.ch